Réformer de l’enseignement supérieur

« C’est l’évolution même de nos sociétés qui retentit sur l’éducation nationale et qui lui impose de se moderniser »

Edgar Faure, en prémisse de sa loi cadre de novembre 1968, prononçait ces mots qui retentissent encore.  Les réformes menées dans les années 1980 pour permettre l’entrée massive des étudiants dans l’enseignement supérieur ont constitué un immense progrès. Mais aujourd’hui ce système montre ses limites. 

Si l’objectif de 80% d’une classe d’âge au BAC a été atteint, la réussite dans les cursus du supérieur n’est souvent pas au rendez-vous : les étudiants échouent bien souvent à obtenir une licence en quatre ans. Les filières de BAC professionnels et technologiques orientent les étudiants en licences générales qu’ils échouent trop souvent. De leur côté, les formations supérieures courtes (IUT) sont trop souvent occupées par des élèves des filières générales qui sont attirés par ces formations professionnelles de 2 ans.

Le plan Étudiant, initié par Frédérique Vidal, Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche suite à une concertation cet été, répond à l’inefficacité du système actuel. Il vise à instaurer deux semaines d’enseignements obligatoires consacrées à l’orientation dans toutes les terminales, à désigner un second professeur principal dédié, et à avoir des étudiants-ambassadeurs pour renforcer l’information entre lycéens.

L’échec de la plateforme Admission Post Bac (APB) de cet été a montré l’inefficacité et l’injustice du tirage au sort en laissant plus de 3000 étudiants sans affectation jusqu’à septembre. Une nouvelle plateforme va être mise en place qui rassemblera l’ensemble des informations dont les bacheliers ont besoin pour faire leur choix : contenu de la formation et taux d’insertion professionnelle. Les parcours seront rendus plus flexibles pour répondre sur mesure aux besoins des étudiants qui entrent dans le supérieur. Tous  pourront par exemple bénéficier d’une année de césure  pour poursuivre un projet personnel, entrepreneurial ou professionnel.

Le plan Étudiant prévoit enfin de meilleures conditions vie pour les étudiants en cohérence avec la stratégie logement du gouvernement. La construction de 80 000 logement pour les étudiants et jeunes actifs, et la suppression de la cotisation sociale étudiante de 217 euros permettront d’améliorer le pouvoir d’achat des étudiants.

Notre système d’éducation et de formation est au fondement de notre projet de société. Avec le plan Étudiant, nous préparons un avenir qui promeut l’excellence et offre à sa chance à chacun.

Jean-Noël Barrot