Réforme de l’apprentissage, de la formation professionnelle et de l’assurance chômage

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s’est engagé à lancer une grande réforme du marché du travail. Après les modifications du code du travail en septembre dernier, le Gouvernement présentera le mois prochain un projet de loi complémentaire, qui part d’un triple constat : l’apprentissage n’est pas assez attractif, la formation professionnelle pas assez accessible, et les chercheurs d’emploi pas assez accompagnés. Pour ces trois raisons, le gouvernement va prochainement proposer au Parlement un projet de loi qui devrait sensiblement améliorer l’offre d’apprentissage pour en faire une filière d’excellence, rendre les formations professionnelles plus accessibles aux Français, et ouvrir l’assurance chômage à davantage de Français.

L’apprentissage mérite d’être une voie de réussite et d’excellence, pour inciter les entreprises à accueillir des apprentis, et les jeunes à se lancer dans cette voie. Les moyens envisagés sont à la mesure de cette ambition : aide de 500 euros pour passer le permis de conduire, rémunération mensuelle des 16-20 ans augmentée de 30€, limite d’âge repoussée de 26 à 30 ans ... Avec ce projet de loi, chaque année, ce sont 15 000 jeunes en apprentissage qui pourraient bénéficier du programme Erasmus, et de l’ouverture culturelle qu’il apporte.

La formation professionnelle, qui permet à tous les salariés ou chercheurs d’emploi de suivre une formation qualifiante, devrait également connaître d’importants changements. Tous les salariés verraient leur compte personnel de formation alimenté de 500 euros par an, et jusqu’à 800 euros par an pour les personnes sans qualification, pour les aider à financer ces formations. Cette mesure poursuit donc un but d’égalité financière, mais aussi d’égalité sexuelle : 80% des salariés à temps partiel sont des femmes, et pas moins de 30% des femmes sont à temps partiel. Et pour plus de facilité dans les démarches d’inscription, le gouvernement propose de les rendre accessibles via une application mobile simple d’utilisation.

Enfin, le gouvernement veut créer de nouveaux droits et de nouvelles sécurités pour les chômeurs. Proposition inédite : l’ouverture de l’assurance chômage aux indépendants et à davantage de salariés démissionnaires, pour encourager le risque entrepreneurial et favoriser la mobilité professionnelle. Changer de carrière serait en outre moins risqué, grâce à la possibilité de percevoir une indemnisation chômage tous les cinq ans en cas de changement de métier, ou bien de création d’entreprise.

En contrepartie, le gouvernement compte tripler les équipes de contrôle de Pôle Emploi, pour les porter de 200 à 600 agents d’ici la fin de l’année. Cela permettrait de lutter contre les rares cas d’abus de ce système, qui selon Muriel Pénicaud “créent un sentiment de suspicion qui pèse sur tous les autres."

Ces trois réformes seront menées de front, et le texte s’annonce d’une grande densité : afin de l’expliquer et d’échanger avec vous à son sujet, Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, sera présente à mon prochain atelier citoyen, qui se tiendra le jeudi 29 mars à 20 heures, à la salle Ravel de Vélizy. J’espère vous y voir nombreux !

Jean-Noël Barrot